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Armorial de Béarn

bearn arms

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M. Desclaux-Mesplès, évêque de Lescar (2), et président des États de Béarn, appelé en cette qualité à opiner le premier, accueillit favorablement ces représentations et proposa de nommer une commission pour examiner l'édit de novembre 1696. Son avis rallia tous le suffages.
 
(2)    Dominique Desclaux-Mesplès, évêque de Lescar des 1681, avait été marié avec dame Louise de Mesplès, héritière de la maison de Mesplès, avant d'entrer dans les ordres. Il avait eu, de cette union, un fils, Paul-Joseph, qui fit enregistrer ses armes dans l'armorial de Béarn (no 32), et une fille, Jeanne-Marie de Mesplès, femme de Jean de Hiton, baron de Claracq, blasonée d'office au no 232.
 

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Ce rapport des commissaires, marqué au coin du bon sens, fut lu dans la séance des États, tenue à Lescar, le 26 septembre 1698. M. Desclaux-Mesplès, président de l'assemblée, l'approuva en tous points. Son opinion, que les députés adoptèrent d'une voix unanime. mérite d'être citée intégralement:
 
M. de Lescar est du même avis que les seigneurs commissaires. Il demande, en outre, que leur procédure soit annexée au présent brevet (2), pour servir à telles fins que de raison, et que, dans le nombre des personnes qui ne doivent pas être assujetties a l'édit, l'on nomme expressément les gens d'église et les femmes qui n'ont pas pris des armoiries séparées ou accolé leurs armes à celles de leurs maris (3).
 
Sage prévoyance du président des États! L'évêque n'oubliait pas le clergé confié à ses soins et désirait l'exempter du malencontreux impôt établi par l'édit de novembre 1696. Nous ne lui en ferons pas un crime : les curés de la province, presque tous pauvres, étaient bien dignes de ces égards. Les seigneurs commissaires n'avaient-ils pas, du reste, donné l'exemple, en proposant de ne faire exécuter l'édit que contre les personnes, corps et communautés usant d'armoiries, et non contre les particuliers et spécialement les possesseurs de terres nobles qui n'avaient jamais songé à s'en servir? Or, des Béarnais d'un rang fort honnête, parmi lesquels quelques uns admis aux Etats dans le corps de la noblesse, dédaignaient tout emblème héraldique et ne portaient, dans leurs cachets, que des chiffres ou des figures d'animaux.
 

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Ni le Béarn ni le pays Basque n'ont échappé à la règle commune et les noms de lieux et de personnes sont souvent écrits d'après la prononciation de l'époque. - Voici le système que nous suivons pour les rectifications:
 
Pour les noms de communes et de seigneuries, pas de difficultés. Nous adoptons l'orthographe officielle actuelle, suivant en cela l'exemple du regretté Paul Raymond, archiviste des Basses-Pyrénées. Quant aux noms des personnes, lorsque nous rencontrons une différence d'orthographe notable, dans les actes analysés, nous croyons devoir nous référer aux signatures, qui paraissent seules trancher la question d'une manière suffisante, surtout au XVIII siècle.
 
Remarquons, encore, que le manuscrit de l'Armorial porte, parfois, le nom correctement orthographié, mais précédé de la lettre N..., employée lorsque les copistes ignoraient le prénom de l'individu blasonné. Lorsque l'identification nous a paru certaine, nous avons remplacé la lettre N..., devenue inutile, par le prénom entre crochets. C'est ainsi qu'on lit à l'article 599: [Jacques] de Debat, au lieu de N... de Debat.
 
Enfin, il était, croyons-nous, indispensable d'apporter des preuves à l'appui de nos affirmations. Nous avons, dans ce but, largement puis dans les archives départementales et communales des Basses-Pyrénées et, à la suite des rectifications de noms, nous donnons toujours l'analyse d'actes d'une parfaite authenticité, parfois même, des notes biographiques et généalogiques.
 

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32. - Paul-Joseph Desclaux-Mesplet (1) [Mesplès], baron de Navailles, premiere baronnie de Bearn, conseiller du roy et son 1st avocat général au dit parlement.
 
Porte tierce en face, au 1st d'azur à une estoille d'or, au 2nd d'or a une face de gueulle, au 3rd de sinople à une canne au naturel sur une riviere d'argent, [qui est Desclaux], party d'or a trois tourteaux de guelle chargés chacun d'un croissant d'or [qui est de Mesplés]. - (10).
 
I. - Paul-Joseph Desclaux-Mesplès, alias d'Esclaux et Desclaux de Mesplès, né vers 1655, était fils de Dominique Desclaux, seigneur et baron de Doumy (c. 731 fo 7), successivement conseiller, président au parlement de Navarre et évêque de Lescar, de 1681 à 1719, et de Louise de Mesplès. Cette dernière était héritière d'une branche de la maison de Mesplès, et une clause de son contrat de mariage avec Dominique Desclaux fut que son mari prendrait le nom et les armes de Mesplès (2). - Marie Desclaux de Mesplès, soeur de Paul-Joseph, contracta mariage, le 10 mai 1690, avec noble Jean de Hiton, baron de Claracq, et fut blasonnée d'office au no 232 de l'Armorial. - Son frère, Jean-Ignace Desclaux de Mesplès, fut reçu conseiller au parlement de Navarre le 2 avril 1700 (B. 4544, fo 252), et exerça ces fonctions jusqu'en 1718 (B. 4576, fo 173, vo).
 
Paul-Joseph Desclaux-Mesplès se qualifiait baron de Doumy et de Navailles, premier baron de Béarn. Le 25 août 1682, son père lui avait fait donation de la baronnie de Doumy, fief qui lui permit de siéger aux Etats de Béarn. (c. 739). Il entra fort jeune dans la magistrature et fut
 
(1)    Variante du registre des armoiries peintes: Desplet.
(2)    Société béarnaise au XVIII siècle, page 192.
 

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Navarre, et de dame Jeanne-Elisabeth de Saut. Les témoins de la bénédiction nuptiale furent: messire [Antoine-]François de Navailles, chevalier de Saint-Louis, père de l'époux; noble Galatoire de Noguès-Assat, oncle de l'épouse; la demoiselle Julie d'Assat, sa tante; demoiselle Victoire d'Assat, sa soeur; messire Antoine-Charles de Vidou [Bidou], vicomte de Saint-Martin; messires: Pierre-Joseph de Courrèges, baron de Doumy; François-Xavier, chevalier de Courrèges; Galatoire de Navailles, sieur de Subercaze, lieutenant des maréchaux de France; Jean-César de Mesplès, marquis d'Esquiule; Antoine-Vincent de Mesplès-Esquiule, chanoine théologal de l'église cathédrale de Sainte-Marie; Jean-Antoine de Bayard; Bernard de Lassalle, seigneur de Burosse; Charles d'Auture, baron de Sévignac; Jean-Baptiste-Xavier de Navailles-Poeyferré; Jean-Joseph, compte de Caumia; et Jean-Pierre de Marseillon, prêtre et directeur-aumônier des religieuses de Sainte-Ursule de Pau, tous parents ou alliés des parties contractantes (A. C. GG. 122, fo 9.) - De ce mariage vinrent:
 
1     Jeann-Victoire-Henriette, qui suit;
2     Et Marie-Philippe de Navailles-Mirepeixé née à Pau, le 1st mai 1771, et baptisée, le lendemain; - parrain: messire Galatoire de Navailles-Subercaze, abbé d'Asson, ancien officier dans le régiment de Navarre, lieutenant des maréchaux de France et commandant d'un bataillon dans le régiment des bandes béarnaises; - marraine: demoiselle Marie de Noguès-Assat. (A. C. GG. 136, fo 23.)
 

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reçu, le 23 mars 1683, avocat général au parlement de Navarre. - A cette époque, Nicolas du Bois de Baillet était intendant de la province. Ce personnage, protégé du chancelier Le Tellier, aimait à faire sentir grossièrement son autorité, ainsi que le prouve la scène qui se passa au parlement de Navarre, le 4 mai 1683. Nous la rapportons, d'après M. Paul Raymond (1):
 
M. de Mesplès, avocat général, s'étant plaint à la Cour du mauvais état des prisons, en présence de M. du Bois de Baillet, intendant, allait se retirer, son rapport fini, lorsque celui-ci l'arrêta et, le prenant par la main, lui dit d'un ton fort aigre: "Arrêtez, Monsieur, arrêtez, j'ai quelque chose à vous dire, il n'est rien de si beau que le zèle avec lequel un magistrat commence à faire sa charge et veut se signaler dans le public; mais il n'y a rien de si odieux que quand l'intérêt et la passion se couvrent de cette apparence de zèle qui n'agit que par des motifs de haine et de malice". Après quelques explications sur les prisons, l'intendant ajouta qu'il requérait l'avocat général de faire son devoir, et élevant encore plus la voix, lui dit: "Je suis encore jeune, mais je vous apprendrai à faire votre métier", et il finit en répétant et jurant le nom de Dieu que l'avocat-général ferait bien d'apprendre son métier. - Le premier président intervint et dit à M. du Bois qu'il paraissait dans cette occasion, comme dans beaucoup d'autres, avoir bâti son discours sur un fondement tout opposé à la vérité. - M. de Mesplès ayant voulu interrompre le premier président, M. du Bois s'écria: "Laissez parler M. l'avocat général, il saura bien faire lui-même son apologie". - Ce dernier priant la Cour de l'écouter, l'intendant reprit: "Eh! parlez, je vous écouterai jusqu'à l'éternité, quoique vous soyez un long et fâcheux discoureur". M. de Mesplès avait à peine dit quelques mots que M. du Bois l'apostropha et lui dit avec colère qu'il saurait le faire marcher droit. - L'avocat général répondit: "Monsieur, nous savons quelle est l'étendue de votre pouvoir, et si vous en passez les bornes, nous savons bien à qui nous adresser pour vous y remettre". - Il se retirait, lorsque l'intendant l'appela "imberbis juvenis". - M. de Mesplès revint et dit à la Cour qu'il ne répondrait pas davantage aux injures, mais qu'il la suppliait de se plaindre au roi. - Sur quoi, M. du Bois, levant la main, s'écria deux fois: "Oui, mondieu, le roi!"
 
Paul-Joseph Desclaux-Mesplès obtint, le 9 novembre 1717, les provisions de président à mortier au parlement de Navarre. (B. 4577, fo 20).
 
(1)    Notices sur l'intendance en Béarn, page 20.
 

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- Il mourut, le 12 février 1740, "à l'âge de quatre vingt-cinq ans ou environ", et fut enterré, le lendemain, dans l'église des Révérends Pères Jésuites de Pau, en présence de messire Dominique Desclaux-Mesplès, ancien avocat général, conseiller honoraire au parlement de Navarre et de messire Ignace Desclaux-Mesplès, prêtre, abbé de Pérignan, grand vicaire d'Orloron, ses fils. (A. C. GG. 39, fo 5, vo).
 
29 avril 1685: Contrat de mariage entre messire Paul-Joseph Desclaux-Mesplès, baron de Doumy, conseiller du roi et avocat général au parlement de Navarre, et demoiselle Jeanne de Gassion. Le dit seigneur Desclaux-Mesplès était assisté de: messire Desclaux-Mesplès, conseiller du roi en ses Conseils, évêque de Lescar, son père; messires Galatoire de Marca, conseiller du roi en ses Conseils et président au parlement Navarre; .... baron d'Oroignen, conseiller de roi au dit parlement; de Bordenave, conseiller du roi et maitre des Comptes en la Chambre des Comptes de Navarre; de Mesplès, baron d'Aren; de Mesplès, baron de Susmiou; de Mesplès, baron d'Esquiule; de Navailles, baron d'Angais et syndic général du pays de Béarn; de Bidou, vicomte de Saint-Martin; noble Pierre, seigneur de Momas; et noble Jean de Badet, seigneur de Plasence, ses parents. La demoiselle de Gassion était assistée de: messire Gratian de Gassion, lieutenant général des armées du roi, et de dame Marie d'Arridole, son épouse, ses père et mère (1); de messires: Pierre, marquis de Gassion, vicomte de Montboyer, conseiller du roi en ses Conseils et président au parlement de Navarre; Antonin du Pont, conseiller du roi en ses Conseils et premier président de la Chambre des Comptes de Navarre; de Capdeville, conseiller du roi au dit parlement; de Bordes, aussi conseiller au dit parlement; de Gassion, seigneur de Gayon, conseiller du roi en la dite Chambre des Comptes; nobles Jean de Fouron, seigneur d'Artiquelouve, et de Planterose, seigneur de Légugnon, trésorier général de Navarre; l'abbé d'Arridolle, seigneur de Giliberry, etc. (E. 2060, fo 66).
 
(1)    Jeanne de Gassion avait un frère, messire Pierre de Gassion, qui mourut à Pau, le 28 août 1740, mestre de camp de cavalerie et enseigne des gardes du corps du roi. Il fut enterré, le 29 août, dans l'église Saint-Martin, en présence de messire Dominique Desclaux-Mesplès, son neveu, conseiller du roi en ses Conseils, président au parlement Navarre, et premier baron de Béarn, et de messire Gratian Desclaux-Mesplès, aussi son neveu, mestre de camp de cavalerie, lieutenant-colonel du régiment Dauphin-Cavalerie. (A. C. GG. 39. fo 24, vo).
 

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- 3 mai 1685: Mariage de Paul-Joseph de Mesplès, avocat général au parlement de Navarre et baron de Doumy, et demoiselle Jeanne de Gassion (A. C. GG. 3, fo 93.) - 6 juin 1722: Règlement de légitime faite par messire Paul-Joseph Desclaux-Mesplès, baron de Navailles, conseiller du roi en ses Conseils et président à mortier au parlement de Navarre, en faveur de Jean-Ignace de Mesplès-Saint-Armou, son fils cadet, pourvu d'un canonicat dans l'église de Lescar. - Cet acte apprend que Paul-Joseph Desclaux-Mesplès et Jeanne de Gassion avaient eu neuf enfants, quatre garçons et cinq filles. Trois de celles-ci s'étaient faites religieuses. (E. 2085). - Ces enfants étaient:
 
1     Dominique Desclaux-Mesplès, qui suit;
2     Gratian Desclaux-Mesplès, né et baptisé à Pau, le 10 mars 1688. Il eut pour parrain: messire Gratian de Gassion, lieutenant-général des armées du roi; et pour marraine: dame Esther de Gassion, veuve de M. de Crez, seigneur de Barzun. (A. C. GG. 7, fo 283, vo). - Gratian Desclaux-Mesplès était mestre de camp et lieutenant-colonel du régiment dauphin-cavalerie, en 1741, et mourut maréchal de camp des armées du roi;
3     Pierre Desclaux-Mesplès, chanoine de la cathédrale de Lescar;
4     Jean-Ignace Desclaux-Mesplès, d'abord chanoine de Lescar, puis abbé de Pérignan et grand-vicaire de l'évêque d'Oloron;
5     Charlotte-Thérèze Desclaux-Mesplès, baptisée à Pau, à l'àge de vingt-quatre ans, le 1 décembre 1730. (A. C. GG. 21, fo 21). - Elle épousa, le 10 février 1741, dans l'église Saint-Martin de Pau, messire François de Planterose, conseiller du roi, trésorier général des finances de Navarre. (A. C. GG. 41, fo 9);
6     Henreitte Desclaux-Mesplès;
7     Marie-Catherine Desclaux-Mesplès, religieuse au couvent de Sainte-Ursule de Pau. - Née le 26 janvier 1689, elle fut ondoyée le lendemain, et fut baptisée, dans le couvent de Sainte-Ursule, le 21 septembre 1724. - Elle était, à cette époque, religieuse professe. (A. C. GG. 15, fo 64).
8 et 9 Deux autres filles religieuses.
 
21 février 1759. - Arrêt du parlement de Navarre entre messire Pierre d'Esclaux-Mesplès, chanoine de l'église cathédrale de Lescar, demoiselle Henriette de Mesplès et dame Charlotte d'Esclaux-Mesplès, épouse autorisée du sieur de Planterose, frère et soeurs, d'une part, et messire Dominique d'Esclaux-Mesplès, président honoraire au parlement de Navarre, leur frère
 

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aîné, le sieur de Day, trésorier des Etats de la province de Béarn, et les héritiers de M. de Montengon, avocat général, d'autre part. - Cet arrêt est relatif à une main-levée. (B. 4724, fo 107).
 
II. - Dominique Desclaux-Mesplès, baron de Navailles et de Doumy, seigneur d'Angos, (C. 779, fo 15), naquit à Pau, le 24 avril 1687, et fut baptisé le lendemain. Ses parrain et marraine furent: Mgr Dominique Desclaux-Mesplès, évêque de Lescar, et dame Marie d'Arridole, femme de messire Gratian de Gassion, lieutenant général des armées du roi. (A. C. GG. 7, fo 188, vo). - Il avait rendu plus de vingt-deux années de services, en qualité de substitut du procureur général et d'avocat général au parlement de Navarre, lorsqu'il fut nommé, le 12 janvier 1738, conseiller honoraire au même parlement. (B. 4583, fo 14, vo) - Il remplaça son père, comme président à mortier, le 26 mars 1740, (B. 4584, fo 98), et fut pourvu des lettres de président honoraire en la Cour, le 21 mai 1751. (B. 4587, fo 23). - Le 20 novembre 1725, M. d'Aignan du Sendas, vicaire général de Mgr l'archevêque d'Auch, donna la bénédiction nuptiale, à l'Isle de Noé, à messire Dominique Desclaux-Mesplès et à demoiselle Marie-Thérèse de Colbert, de la paroisse de Saint-Soulle, en Aunis, diocèse de la Rochelle. (A. C. GG. 15 fos 147 et 169, vo). - De ce mariage vint: Joseph-Paul-François, qui suit.
 
III. - Joseph-Paul-François Desclaux-Mesplès, chevalier, marquis de Cléry, baron de Navailles, seigneur de la maison noble et abbatiale de Giliberry de Charre et de la maison noble de Laurets de Jurançon, plus connu sous le nom de baron de Mesplès (1), naquit à Pau, le 4 octobre 1729. Il fut baptisé, le même jour, et fut tenu sur les fonts par messire Paul-Joseph Desclaux-Mesplès, conseiller du roi en ses Conseils et président à mortier au parlement de Navarre, son aïeul, et par demoiselle Henriette de Mesplès, sa tante, qui tenait la place de marraine pour dame Charlotte de Colbert, marquise de Noé, tante du baptisé. (A. C. GG. 20, fo 6). Il préféra les armes à la magistrature et était capitaine de dragons au régiment de Thianges, le 18 mars 1757, lorsqu'il fut reçu aux Etats de Béarn, pour la maison noble de Laurets, située à Jurançon, fief qui lui avait été donné par son père (C. 796, fo 359).
 
(1)    Joseph-Paul-François Desclaux-Mesplès fut reçu aux Etats de Béarn en qualité de seigneur de la maison noble de Giliberry, de Charre, le 5 février 1749, (C. 782, fo 138). - Il était seigneur de Giliberry comme donataire de son père.
 

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Le 26 avril 1765, il demandait aux Etats de Béarn de l'admettre dans le corps de la noblesse, comme baron de Navailles et premier baron de la province, et réclamait, en vertu d'un arrêt du 7 septembre 1652, un siège pareil à celui des évêques, dans la salle des Etats. Il prenait, dans sa requête, les qualifications de chevalier, marquis de Clèry, baron de Navailles. - Les titres qu'il produisait ne parurent pas établir nettement ses droits, et les Etats de Béarn, dans leur séance de 6 mai 1765, furent d'avis de le recevoir purement et simplement comme baron de Navailles, "sans préjudice pour lui d'agir au sujet des prérogatives qu'il prétendait être attachées à sa baronnie." (C. 803, fo 61) (1). Mais le baron de Mesplès, qui avait déjà voix délibérative aux Etats comme seigneur de Laurets, ne paraît pas avoir acquiescé à cette délibération et dédaigna de prêter le serment requis pour que sa réception, en qualité de baron de Navailles, fut définitive. - Le baron de Mesplès eut, paraît-il, une jeunesse orageuse, et l'auteur de la Société Béarnaise au XVIII siècle donne le détail de ses fautes avec sa complaisance habituelle (2). - Quoi qu'il en soit, il reconnut ses torts et s'amenda, puisqu'il eut l'honneur d'être élu, le 15 février 1782, syndic d'épée des Etats de Béarn, à la mort du baron de Sus. (C. 817, fo 174). Il s'acquitta de ces délicates fonctions avec une sagacité et un désintéressement rares, et mérite, à ce titre, d'avoir sa place marquée parmi nos illustrations béarnaises. - Le baron de Mesplès fut mis en réclusion sous la Terreur et mourut à Pau, à l'âge de soixante dix-huit ans, le 30 juin 1807; son acte de décès le qualifie: "propriétaire-rentier, époux de dame Elisabeth de Broca."
 
La Chenaye-Desbois a donné des notes généalogiques sur les familles Desclaux et de Mesplès (3).
 
(1)    Les députés de Jurançon, plus généreux et plus courtisans envers le seigneur de Laurets que leurs collèques du Grand-Corps et du tiers-état, propo-
 
(MISSING REST OF PAGE)
 

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Charles d'Abidos, seigneur du dit lieu, ses oncles. - La demoiselle d'Oroignen était assistée de: messire Daniel [d'Abbadie] d'Oroignen, seigneur et baron du dit lieu, son père, conseiller du roi en tous ses Conseils et évêque de Lescar; messire Jean [de Mesplès], seigneur et baron de Susmiou; messire Jean [de Casamajor], seigneur et baron de Jasses, ses oncles; messire Jacques de Lendresse, seigneur et baron du dit lieu; et noble Daniel de Germenaud, ses cousins, (E. 2048, fo 236, vo.) - Marc-Henri de Marrenx fut admis aux Etats de Béarn, le 30 août 1658, pour la seigneurie de La Bastide-Cézéracq dont son père lui avait fait donation, le 15 août précédent (C. 722, fo 199); il était clerc tonsuré lorsqu'il fut présenté à la cure de ce lieu, le 15 juin 1684, par messire Jean-Marie de Marrenx, son fils, seigneur de La Salle de Cézéracq, et, en cette qualitéé patron de la cure. (G. 286.) - Marc-Henri de Marrenx laissa de son mariage, entre autres enfants:
 
1     Jean-Marc de Marrenx, qui suit;
2     Jean-Jacques, prêtre, qui résigna, le 1st juillet 1727, la prébende ou chapelle royale de Saint-Grégoire fondée … Orthez et desservie dans l'église Saint-Martin, de Pau (G. 297); il était curé de La Bastide-Cézéracq, dès le 27 mai 1693, et mourut le 20 octobre 1729 (1);
3     Et Jean de Marrenx, qui servit, d'abord, dans les gardes de la marine, et se fit jésuite.
 

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Jeanne-Marie-Coralie de Casamajor de Charitte, issue de cette union, s'est alliée, le janvier 1842, au baron Elie-Hilarion-Alexandre-Cécile de Bordenave d'Abère, conseiller honoraire à la Cour d'appel de Pau, ancien conseiller général des Basses-Pyrénées, chevalier de la lègion d'honneur.
 
7     Salvat-Croix [de Casamajor] de Charitte, né le 14 septembre 1749, et présenté au baptême, le lendemain de sa naissance, par Salvat, marquis de Salha, et dame Marie-Louise de Charitte. (A. C. GG. 64, fo 24, vo).
8     Marie-Louise [de Casamajor] de Charitte, unie, en 1752, à Salvat, baron, alias marquis de Salha, veuve dès 1776. - De ce mariage vint le baron de Salha, qui fut ministre de Jérome-Bonaparte, roi de Westphalie (1).
9     Marie-Elizabeth [de Casamajor] de Charitte, née et baptisée à Pau, le 2 juillet 1738. (A. C. GG. 31, fo 17);
10     Marie-Louise-Bernadine [de Casamajor] de Charitte, née le 20 août 1739, et baptisée le lendemain de sa naissance. (A. C. GG. 34, fo 56, vo). - Elle épousa François-André de Mesples, baron d'Aren, et émigra, le 2 juillet 1792 (2). - Décédée à Aren, le 23 mai 1810.
11     Ursule [de Casamajor] de Charitte, née et baptisée le 5 septembre 1745. (A. C. GG. 52, fo 29, vo). - Elle émigra pendant la Révolution, ainsi que sa famille, et mourut à Benavente, le 30 novembre 1801.
12     et Marie [de Casamajor] de Charitte, née et baptisée, le 28 février 1742, (A. C. GG. 43, fo 8, vo), mariée à messire Joseph de Perpigna, conseiller au parlement de Navarre. - Elle mourut à Pau, le 28 mars 1817, à l'âge de soixante-quinze ans, laissant un fils, Charles-Marie, vicomte de Perpigna, qui fut maire de la ville de Pau, sous la Restauration.
 
(1)     Picamilh, Statistique des Basses-Pyrénées. tome 1, page 402. (2)     Joseph Lochard, Ephémérides du B‚arn et du pays Basque, page 103.
 

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18 décembre 1690: Noble Jean-Paul de Saint-Pée, chanoine de l'église de Lescar, nomme noble Antonin de Mesplès d'Aren, clerc tonsuré et bachelier en théologie, à la cure d'Idron. (G. 286.)
 

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99. - N.... (1) de Mesplées-Aren [Antonin de Mesplès-Aren], chanoine du chapitre de Lescar,
D'argent … trois faces d'azur et un pairle d'or brochant sur le tout. - (8.)
 
Antonin de Mesplès, d'abord curé d'Idron et de Nay, puis chanoine du chapitre de Lescar, était l'un des fils cadets de noble Paul de
 
(1) Une Main différente a écrit: Desclaux. - Ce nom ne se retrouve pas sur le registre des armoiries peintes.
 

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Mesplès, baron d'Aren, et de Jacqueline d'Idron. Il mourut … Lescar, le 12 novembre 1700.
18 décembre 1690: Nomination à la cure d'Idron de noble Antonin de Mesplès d'Aren, du diocèse d'Oloron, clerc tonsuré et bachelier en théologie de la Faculté de Toulouse, (G. 286.) - 10 mars 1693: Prise de possession de la cure de Nay, vacante par le décès du sieur de Lajus, par noble Antonin de Mesplès-Aren, prêtre, bachelier en théologie et curé d'Idron. (G. 286.) - 8 février 1695, à Aren: Pactes de mariage entre messire Pierre de Mesplez, ci-devant capitaine dans le régiment de Navarre, et damoiselle Esther de Day. Le futur époux est assisté, dans cet acte, de: messire Jean-Paul de Mesplez, baron d'Aren, chanoine théologal d'Oloron, son frère aîné; messire Anthonin de Mesplez, chanoine théologal de Lescar [son frère cadet]; noble Jean de Casemajour [Casemajor, alias Casamajor], seigneur de Vianne, son beau-frère; messire Dominique d'Esclaux-Mesplez, conseiller du roi en ses conseils, évêque de Lescar, son oncle; messire Jacques [d'Abbadie] d'Oroignen, conseiller du roi en ses conseils et président à mortier au parlement de Navarre, son oncle; messire Paul-Joseph d'Escalux-Mesplez, baron de Navailles et Doumy, conseiller du roi en ses conseils et son premier avocat général audit parlement, son cousin; messire Gabriel de Vignes, baron de Sault, son cousin germain; messire Anthonin de Mesplez, baron de Gabaston, son oncle; messire Jean-César de Mesplez, baron d'Esquiule, son cousin; messire Jean-Ignace de Mesplez, chanoine de Lescar, son cousin; messire Joseph de Vignes, abbé de Vignes; noble Pierre de Laborde-Bastanès, sieur de Lasserre, son oncle; noble Jacques Chasot, sieur de Borné, son proche allié; et autres ses proches parents et amis; - ladite damoiselle Esther de Day est assistée de: messire Hierosme de Day, conseiller du roi et trésorier général de la maison et couronne de Navarre, seigneur de Soumoulou, son père; dame Catherine de Nays, sa mère; messire Denis de Day, baron de Gardéres, son frère aîné; noble Pierre de Day, de Bordeaux, son oncle; noble Bernard de Day, trésorier des Etats de Béarn, son oncle; M. Daniel de Day, avocat au parlement, son cousin; messire Pierre Loyard, conseiller du roi audit parlement de Navarre, son oncle; messire Samson de Nays, baron de Labassère, son oncle; noble Pierre de Nays, son oncle; et autres proches parents et amis. - En faveur de ce mariage. "ledit seigneur baron d'Aren, frère aysné, donne et delaisse audit seigneur de Mesplez,
 

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son frère, capitaine, la terre, château, seigneurie et baronnie d'Aren, avec toutes ses dépendances, consistant en fiefs, dixième, moulin et pré, situé à Geux [Geus], et domaines, ensemble la maison noble de Bouchet avec toutes les terres labourables, feugières, touyar et autres appartenances, comme aussi la maison noble de Mirvielle, de St-Goein [Saint-Goin], avec ses appartenances et dépendances, ensemble le droit de rachat du moulin banal et pré situé à Préchacq, engagé à la dame de Vianne, sa soeur, pour la somme de 3,000 livres .....; enfin, ledit seigneur, baron d'Aren, frère aysné, donne au dit seigneur de Mesplez, son frère, capitaine, tous les effects de l'hérédité du feu sieur baron d'Aren, leur frère; ensemble céde et transporte tout le droit que ledit seigneur baron d'Aren peut avoir en vertu des testamens, contracts de mariage, portant dotabilit‚ et substitution, sur tous les biens qui sont sortis de leur famille, laquelle donnation et cession de dots et autres biens et droits mentionnez ledit seigneur baron d'Aren fait son dit frère,; comme héritier bénéficiaire des feux seigneurs Paul et David de Mesplez, ses père et frère, laquelle donation et cession ledit seigneur de Mesplez, capitaine, accepte pareillement, sous la même condition d'héritier bénéficiaire et de supporter les charges,; en cette qualité, des hérédité des dits seigneurs Paul et David de Mesplez, a la réserve de la légitime qui peut compléter, sur les dots, au dit sieur Anthonin de Mesplez, chanoine théologal de Lescar, son frère, laquelle ledit seigneur baron d'Aren assume sur lui et promet d'en des charger ledit seigneur de Mesplez, capitaine; de tous lesquels biens et droits ledit seigneur baron d'Aren se despouille et en investit son dit frère, sous la réserve de la proprieté et jouissance des biens ci dessous exprimez, sans laquelle réserve ledit seigneur baron d'Aren n'au droit point fait la susdit donation et cession et a laquelle ledit seigneur de Mesplez, capitaine, s'est pas exprès asujetti ....." (C. 1348.)
"Le douzième novembre mil sept cent, mourut, en la communion de l'eglise, noble Antonin de Mesplès-Aren, surnomm‚ de Piets, chanoine théologal de l'eglise cathédrale de Lescar, après avoir reçu, avec beaucoup de piété, les sacrements de la pénitence, de la sainte eucharistie et de l'extrême onction. Son corps fut inhumé, le lendemain, dans la dite eglise cathédrale et les saints offices lui furent faits par M. de Caplane, chanoine, suivant l'usage du chapitre.
 

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en foi de quoi ai signé. (Signé:) Davant, curé de Lascar, archiprêtre de la chambre (1)."
La Maison de Mesplès a form‚ plusieurs branches dont les principales étaient connues, au siècle dernier, sous les noms de Mesplès-Aren, Mesplès-Esquiule et Mesplès-Susmiou. - La branche de Mesplès-Aren tomba en quenouille, au commencement du XVIII siècle, dans la personne de Jeanne de Mesplès-Aren (2), soeur du chanoine blasonn‚ … l'Armorial, qui épousa avant le 8 février 1695, noble Jean de Casemajor, alias Casamajor, seigneur de Vianne (nos 325 et 326 de l'Armorial). - Les enfants issus de ce mariage abandonnèrent leur nom patronymique et relevèrent le nom et les armes de Mesplès-Aren.
Les armes des Mesplès étaient: d'or à trois tortueux de gueules chargés d'un croissant d'argent (3), alias d'or).
Nous donnerons, ultérieurement, des notes généalogiques sur les diverses branches de cette famille (4).
 
(1)    Archives communales de Lescar, Etat civil, GG. I.
(2)    Société béarnaise au XVIII siècle, page 129.
(3)    La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, 1775, tome X, page 102, verbo Mesplez.
(4)    Voir les numéros 325, 326 et 406 de l'Armorial, supplément.